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Sujet: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Mer 22 Déc - 20:22
Les montagnes d’Anmar. Une terre hostile, dangereuse. Amna ne reculerait donc devant rien.
Après avoir fait escale sur l’île de Nimmeï, elle avait rejoint la pointe du soleil. Elle y avait passé quelques jours mais… n’y était pas restée. Comme toujours, elle devait continuer sa route, sans but, sans raison, continuer, tout simplement. Un bateau l’avait avancée jusqu’au pied des montagnes d’Anmar, ce qui lui évitait la traversée solitaire et impossible du désert de Salëmeï. Mais après ça, elle dût arpenter les montagnes d’Anmar, seule.
Du suicide ? Peut-être… Elle manqua d’y passer une ou deux fois. Ces montagnes étaient mal fréquentées, et le terrain dangereux. Mais Amna en avait vu d’autres. Fille de la dissimulation, elle avait su éviter de nombreuses mauvaises rencontres. Princesse de la débrouille, elle avait survécu dans cet environnement hostile.
Mais le voyage avait été éreintant et elle était très affaiblie. Trébuchant dans une crevasse, elle s’était probablement foulée la cheville gauche, et boitait depuis déjà deux jours. Elle avait surtout faim, car elle s’était rationnée pendant plus d’une semaine pour pouvoir tenir durant tout le voyage. Et pire que tout était le froid qui agressait chaque parcelle de sa peau. Ses doigts transis ne daignaient plus se plier convenablement, elle ne sentait plus ses pieds, et cet agressif vent du nord, qui jamais ne daignait s’arrêter, la glaçait jusqu’aux os.
*La fin… bientôt…*
C’était la tempête. Le vent du nord était déchaîné et la neige fouettait son visage, se cristallisant sur ses longs cils d’ébène et glaçant les larmes d’épuisement que la jeune femme ne pouvait retenir. Mais elle ne fermerait pas les yeux, déterminée à rester éveillée. Elle avait le regard fixé sur ce qu’elle apercevait, à travers ce rideau de neige, à l’horizon : une ville. Un point de lumière, un foyer. Et cela la faisait avancer. La volonté d’une femme contre celle des éléments. Un pas après l’autre, boitant, couverte de neige, à peine visible dans la tempête, Amna continuait, encore et encore, comme elle l’avait toujours fait.
Jusqu’à ce qu’elle glisse. Sonnée, elle resta au sol plusieurs secondes avant de reprendre ses esprits et de se relever difficilement. Elle finit par se traîner jusqu’à cette stupide ville qui la narguait depuis des siècles à l’horizon. A peine entrée dans la ville, elle s’engouffra dans une auberge.
Elle resta, droite comme un « i », sur le seuil de la porte. La chaleur du feu réchauffa ses joues glacées qui virèrent au rouge en quelques secondes à peine. Mais bientôt, cette sensation au départ agréable, devint insupportable. Comme si elle était brûlée vive, sans qu’aucune flamme ne lèche sa peau. Les yeux écarquillés d’horreur, elle sortit en toute hâte, ferma la porte derrière elle et se laissa glisser contre le mur de l’auberge.
Assise dans la neige, et couverte de flocons, la tête entre les mains, elle se réchauffait doucement à la chaleur que laissait sortir la fenêtre au dessus d’elle. Et cette attente était insoutenable.
Dernière édition par Amna Lanlyu le Mer 26 Jan - 1:28, édité 1 fois
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Ven 24 Déc - 0:40
Le voyage de retour s'était bien passé, quelques gobelins sur sa route lorsqu'il retraversa Anmar. Quelques têtes tranchées observant avec un regard vide le sol enneigé, envahit par le blanc le plus pur. Et alors que le sang s'écoulait hors des bestioles verdâtres, l'homme à l'éternel kimono bleu gris s'en allait sans jeter un seul regard à ces dérivés humains d'un autre âge. Comme à son habitude il avait la main sur sa tsuka, ses doigts s'attardant dessus avec un certain plaisir, prenant goût à caresser le bois de magnolia, se complaisant à sentir la douce soie effleurer sa peau telle une amante. Vivre dans les montagnes lui avait apporté une certaine protection contre le froid et il en avait donc peu souffert de ce dernier, cependant il ne rechignerait pas à déguster un bon repas bien chaud suivi d'un bain d'eau bouillante.
Son regard s'attarda sur ses mains, en général elles avaient pour caractéristiques d'être fines et élégantes mais ces dernières semaines, du fait du long voyage et du peu de temps et d'attention qu'il avait pu se consacrer à lui même, l'état de celles-ci était devenu déplorable. Il fronça les sourcils, ceux-ci se joignant, formant presque un tout, mais éternellement séparés par cet océan d'épiderme qui les empêchaient de s'unir.
Alors qu'il affrontait ce qui semblait être un début de blizzard il aperçut enfin la ville dont il avait déjà connut les plaisirs quelques temps auparavant. Et tandis qu'il s'avançait en affrontant les élément déchainés, ses cheveux se déployaient, suivant avec soumission la force brut du vent du Nord, formant par la même un sombre drapeau annonciateur d'aussi sombres présages pour ceux qui tenteraient, dans une vaine tentative d'assouvir leur cupidité, de s'attaquer à l'infatigable bretteur régénéré.
Il arriva alors en vue d'une auberge, lorsqu'il l'atteignit il pût constater qu'une chose ayant une vague forme humaine se tenait en dessous de la fenêtre qui jouxtait la porte d'entrée, le visage de l'homme alla de la porte au tas humain, faisant de rapides aller et retour tout en haussant les sourcils. Il avait vu des choses étranges dans sa vie, notamment dans son enfance avec ce homme qui crachait des rats, mais alors là il ne pouvait en croire ses yeux... Ses yeux roulèrent dans leurs orbites tandis qu'il soupira d'exaspération, il allait tourner la poignée mais quelqu'un d'autre le fit pour lui et un vieil ivrogne barbu et fort laid atterrit dans la neige. Haussant les épaules, le Mirien pénétra dans l'auberge. Il s'installa alors à une table dans un coin qui restait somme toute assez bien éclairé par le feu qui grondait dans la cheminée, une fois ceci fait il commanda un repas bien chaud et ordonna qu'on lui prépare un bain d'eau bouillante.
Il fût livré assez rapidement au vu du peu de monde qui peuplait l'endroit, alors que seulement deux petites minutes étaient passées il soupira.
Sa bonté le perdrait un jour ou l'autre...
Il se leva, se saisit de son katana Firiniënwé, puis se dirigea vers la porte, lorsqu'il l'ouvrit le chaud s'entremêla au froid dans un ballet de féerie impossible et de cette union naquit un no man's land ou ni le froid et ni le chaud ne régnait. Il tourna la tête pour s'apercevoir que l'ivrogne s'était depuis peu jeté sur la femme qu'il essayait tant bien que mal de déshabiller, il n'était pas nécessaire de mobiliser un grand nombre de neurones pour comprendre les intentions peu louable du poivrot. Et malgré le froid intense le vieux sac put sentir un froid encore plus violent quand la lame du katana finement ouvragé vint doucement à la rencontre de sa nuque. Il bafouilla. Il ne voulait pas mourir. Il implorait pitié. Le kimono s'agita et l'homme fût invité à se relever. Ce qu'il fit dans la seconde. Un sourire froid apparut sur le visage du jeune homme:
« Met tes mains sur la poutre. »
Le vieux s'exécuta presque aussitôt. Sa main droite fût tranchée. Net. Le vieux étouffa un râle de douleur qui se perdit dans ses cordes vocales. Le jeune homme prononça son verdict:
« Sois heureux, la Justice de cette ville t'aurait émasculé... Tu t'en sors bien et avec la vie sauve cafard. File, immédiatement! »
Il se tourna vers la jeune femme qui avait l'air choquée, saisit sa main gauche et l'entraina à sa suite, il l'installa à sa table et commanda un second repas qu'il paya immédiatement. Enfin, il ne fit rien d'autre que l'observer, ses beaux yeux bleus glacés cherchant quelque chose dans cette parfaite inconnue...
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Ven 24 Déc - 13:12
* Ne pas s’assoupir, ne pas s’assoupir… Ne pas… Ne pas s’assoupir ! *
Au bord de l’épuisement, ce sont les seules pensées qui traversaient l’esprit de la jeune femme frigorifiée. Un ou deux clients entrèrent dans l’auberge. Après quelques minutes, ayant repris quelques forces, elle entreprit d'arracher la glace qui s’agrippait désespérément dans ses cheveux, sur son manteau, et sur tout ce qui en dépassait. Puis elle fourra le nez dans le col de sa chemise pour respirer de l’air un peu plus chaud. A ce moment précis, un homme élancé passa à côté d’elle et sembla hésiter avant d’entrer dans l’auberge.
* Je dois vraiment faire peine à voir…*
Un autre homme en sortit. Et il ne lui fallut pas longtemps pour être sur elle. Il était tellement saoul que ses gestes étaient mal assurés, et il puait l’alcool. * C’est pas vrai… *
Ce n’était pas la première fois qu’on essayait de s’en prendre à Amna. Mais tout de même. Elle avait les cheveux en bataille, le visage amaigri et marqué par la fatigue. Et pour le reste ? Il était soigneusement dissimulé sous ses vêtements… d’homme.
La tentative du vieillard lui donnait la nausée. Si elle avait été morte, c’aurait probablement été la même chose pour lui. Mais une chose était sûre, il dégageait une chaleur, non pas réconfortante, mais nécessaire si Amna voulait un jour rentrer dans cette stupide auberge. Elle le laissa donc d’abord faire, profitant, malgré tout le dégoût que cela lui inspirait, de la chaleur de ce vieux pervers.
Il était si peu adroit qu’il mit bien une minute à défaire un seul bouton de son manteau. Il faut dire que pour ajouter à sa peine, ils étaient scellés par la glace. * S’il pouvait tomber, ivre mort, maintenant…. *
Mais apparemment ce n’était pas dans ses idées.
* Je vais économiser mes forces et… au dernier moment… un bon coup de genou dans les c…*
C’est ce moment précis que choisit un client pour sortir de l’auberge et surprendre, aller, admettons le, cette si distinguée tentative de viol. Et il se mit en tête de la « sauver ». Amna n’aimait pas ça. Il croirait qu’elle a une dette envers lui alors qu’elle s’en serait parfaitement sorti toute seule. Mais enfin, elle n’avait pas la force de riposter, bien qu’elle commençât à se sentir plus vive.
« Met tes mains sur la poutre. »
Le vieil homme s’exécuta. Et sa main fût tranchée. Un peu de sang vint tâcher la joue de la jeune femme, surprise, choquée même. Elle ne s’attendait pas à tant de violence. Au moins, le ton était donné. Elle trouva cela cruel, jusqu’au moment où elle se rendit compte que ce que le vieil homme avait en tête ne l’était pas moins…
« Sois heureux, la Justice de cette ville t'aurait émasculé... Tu t'en sors bien et avec la vie sauve, cafard. File, immédiatement! »
Amna leva les yeux vers ce « justicier » et reconnut l’homme qui, quelques minutes plus tôt, avait hésité devant la porte. Il lui tendit une main si abîmée par le froid qu’Amna en déduit que lui non plus n’avait pas dû voir de lieu chauffé depuis quelques temps déjà.
Ils entrèrent dans l’auberge. Immédiatement, Amna retira son manteau, enleva ses gants et défit un bouton du col de sa chemise. Pour elle, cette pièce était une fournaise. Et le ragout qu’on lui servit bientôt, de la lave en fusion. Impossible d’y toucher avant qu’il n’ait refroidi.
La neige qui était restée accrochée à ses vêtements fondit en quelques minutes tandis que la jeune femme vida d’un trait le gobelet d’eau qu’on lui avait servi. Quelle agréable sensation après avoir « bu » de la neige pendant des jours ! Il lui sembla que ce simple verre d’eau, à peine fraîche, lui réchauffa tout le corps, et elle se sentit mieux.
D’une voix légèrement enrouée, elle prit la parole : - Je n’avais pas besoin de votre pitié.
* Toi t’es vraiment très agréable comme fille, avec l’homme qui vient de t’éviter quelques ennuis, et t’offre un repas… *
Elle s’éclaircit la gorge.
- Mais… merci.
* Ne serait-ce que pour ses intentions… *
Elle esquissa un sourire, mais ses lèvres, parsemées de crevaces, lui faisaient mal, et cet instant ne dura qu’une seconde. Elle plongea ensuite la cuiller dans son assiette… mais renonça. C’était encore trop chaud.
Amna releva les yeux vers l’inconnu. Il l’observait, sans ciller. De ses yeux d’émeraude, elle soutint son regard d’océan, pendant de longues secondes silencieuses, et avec un aplomb qui ne la quitterait probablement jamais. Pour tout dire, son regard perçant dévisageait son interlocuteur, sans trop s’en rendre compte, c’était simplement… une mauvaise habitude. Elle cherchait, sous ce masque, des indices de ce à quoi il pouvait penser, ce qu’il était.
On dit que les yeux sont le reflet de l’âme. La froideur de ceux qui lui faisaient face était peu commune.
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Dim 26 Déc - 0:26
« Le désir et l'amour son étroitement entremêlés mais ne sont pas indissociables... Et chez l'Homme il appartient à chacun de savoir si c'est la volonté d'assouvir des pulsions qui prime, ou bien celle de céder à l'attachement. »
« Ce n'était pas de la pitié. »
Les mots tranchèrent le silence aussi bien que le katana avait tranché cette main, mettant fin à toute palabres. Il n'avait cessé de fixer cette jeune femme dans les yeux tout ce temps, révélant ainsi une froideur hors du commun accompagnée de cette éternelle arrogance qui le caractérisait, il était sur de lui, sur de ses capacités, sur de l'attraction qu'il exerçait sur la plupart des femmes, faciles ou pas, sur de ce qu'il était, cette arrogance était accompagné d'un égocentrisme plutôt poussé, quoiqu'en baisse depuis maintenant un certain temps. Héritage de son illustre ascendance, il exposait ce côté de sa personnalité sans complexe, tout lui étant dû naturellement du fait de sa naissance, il se garda bien de reprendre la parole, préférant reporter son attention sur une patate fumante qui se trouvait toute seule au milieu de son assiette, il la dévora sans préambule, n'oubliant néanmoins pas la bienséance et ce que cette dernière ordonnait. Il tendit sa main vers la coupe de vin qu'il porta à sa bouche, toutefois il suspendit son geste de la même façon que la coupe de vin, dégustant l'arôme que dégageait le liquide, sa belle robe et son odeur fruitée emballait ses sens, ses paupières se closent l'espace d'un instant tandis que le liquide parcourt lentement l'intérieur de sa bouche. Un silence s'était installé depuis sa réplique, n'étant pas de nature loquace il pensait se taire jusque là, mais la politesse et le paraître lui imposait de tenter de faire la conversation, cependant il choisit de ne rien dire pour le moment. Il examinait chaque geste de la jeune femme, chacune des bouchées qu'elle avalait ou des gorgées qui terminait sa course dans la gorge de la jeune femme, il épiait sans pourtant tenter de se cacher, et surement que cette femme l'avait remarqué à une ou plusieurs reprises, pourtant il n'en avait pas honte, loin de là. Car il avait toujours apprécié les belles choses, qu'elles soient Nature, arts, combats ou femmes, il se dépeignait lui-même comme quelqu'un de fin et de cultivé et à ce titre il aimait savourer la beauté sous toutes ses formes. Or, malgré la neige, le froid et les tas d'autres épreuves que cette femme avait traversé, il s'avérait que cette beauté que le Mirien se plaisait à admirer s'était incarnée dans cette donzelle.
Il soupira, attendant qu'une des serveuses-prostituées passe à portée, il tapota légèrement le bras d'une de ces femmes qui prenait une commande à une table proche, la femme trentenaire se tourna vers lui, un sourire factice et remplit de désillusions aux lèvres. Il l'invita à se pencher pour lui susurrer quelques mots à l'oreille, la femme acquiesça et se plaça derrière Amna:
« Mademoiselle, si vous voulez bien me suivre. »
Elle attendit que la jeune femme accepte puis la conduisit dans un couloir lointain qui déboulait dans une vaste salle où une couleur orangée prédominait, dû aux lueur des torches et autres chandelles, au milieu de la pièce se dressait un paravent bleu azur, pas du tout en accord avec le ton de la pièce, mais apportant tout de même une certaine touche d'originalité, la serveuse prit la peine de fermer la porte derrière la jeune femme et l'emmena du côté du paravent, derrière ce dernier Amna pût constater qu'un immense bac pouvant contenir jusqu'à cinq personnes en même temps avait été installé, vu la hauteur on pouvait au moins y tenir en position assise alors que l'eau arriverait au niveau des épaules. La serveuse versa l'eau bouillante en indiquant que la jeune femme pourrait profiter de ce bain soit nue, soit vêtue de linges légers qui étaient mit à sa disposition, puis après que Amna fût dans le bain, la serveuse la laissa se détendre dans le bain, afin de goûter au plaisir de la sérénité et du calme.
Une bonne dizaine de minutes passèrent avant que la jeune femme ressente un léger courant d'air suivi d'un bruit sourd, enfin elle entendu le martèlement léger de pieds nus sur le sol de pierre, après quelques minutes d'attentes l'homme aux yeux bleus en amandes et aux longs cheveux noirs corbeaux apparut vêtu de seulement un pagne, il s'installa dans le bain, juste en face de la jeune femme comme si c'était la plus naturelle des choses à faire. Le bretteur se délecta autant de la surprise de la jeune femme que de la chaleur qui l'envahissait, il poussa un soupir de contentement tout en examinant la femme qu'il avait sauvé, après un temps il se décida à engager la conversation:
« Bien... Puis-je me permettre de vous demander qui vous êtes et ce que vous faites ici? Vous ne semblez pas accoutumée aux dangereuses conditions de Nendili et de son froid pourtant légendaire... »
Il n'aborderait pas le fait de sa présence ici, en tout cas pas de lui-même, à ses yeux il n'avait pas à se justifier, c'était un signe de faiblesse, quand à répondre aux questions qu'il avait lui-même posé à la femme, il ne savait s'il devait souffrir de s'y résoudre...
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Dim 26 Déc - 11:30
« Ce n’était pas de la pitié. »
Après avoir tant détaillé les faits et gestes de son interlocuteur, Amna doutait qu’il ait eu la générosité de lui porter secours sans aucune idée derrière la tête. Elle venait sans doute de quitter les bras d’un ivrogne contre ceux de cet homme énigmatique. Et le neutraliser serait une toute autre affaire, d’une part parce qu’il était sobre, adroit, et qu’en duel elle n’avait probablement aucune chance contre lui, et d’autre part parce qu’il était excessivement attirant. Et quoi qu’Amna ne daignât pas lui faire cette faveur, elle ne pouvait le nier.
* Enfin, c’est simple, tu finis ce délicieux ragoût, et tu rejoins une chambre… seule. En fermant à clef, bien entendu. *
S’étant assez réchauffée et son plat ayant assez refroidi, elle put enfin manger. Elle attendait ça depuis terriblement longtemps, mais ne pouvait décemment pas se jeter sur la nourriture. Elle prit donc son temps. Une fois l’assiette finie, elle se sentait enfin bien et n’avait qu’une envie, faire sa toilette et se glisser dans des draps propres pour une longue nuit de sommeil réparateur. Mais apparemment, ce n’était pas au goût de son hôte.
Il souffla quelques mots à une serveuse.
« Mademoiselle, si vous voulez bien me suivre. »
* Si je veux bien ? Parce que j’ai le choix… laissez-moi rire. *
Elle avait pensé à prendre la tangente, en fait, elle y pensait encore. Mais une petite voix dans sa tête l’en dissuada. * Tu ne fais pas assez confiance au genre humain. Oublie toute cette méfiance ! Cet homme t’a sauvée d’un viol. Penses-tu vraiment que ce soit pour te violer à son tour ? Et si oui, pourquoi aurait-il pris la peine de t’offrir un repas ? Il est peut-être simplement… bon. *
- Mouais… murmura-t-elle dans un soupir. Et elle suivit la serveuse.
Cette dernière conduisit la jeune femme dans une vaste pièce éclairée de chandelles et de torches. Une atmosphère chaude et détendue. Elle lui versa un bain d’eau bouillante, dans un bac si grand qu’Amna en avait rarement vus de pareils.
* On peut au moins mettre cinq personnes là dedans ! *
Cette réflexion titilla sa conscience. Et par prudence, après avoir retiré ses vêtements habituels, elle se vêtit des « linges légers » mis à sa disposition et constata avec amertume qu'elle avait perdu trop de poids. Amna entra dans ce bain. Quel délassement ! Elle n’avait rien ressenti de tel depuis son bain de mer sur la Pointe du Soleil. Les vapeurs d'eau chaude réparaient doucement son visage agressé par le froid. La tête en arrière, posée contre le bord, seuls ses genoux dépassaient de l’eau fumante. Elle resta ainsi de longues minutes, se prenant à rêvasser et oubliant le reste. Tant et si bien qu’elle n’entendit pas la porte s’ouvrir puis se refermer. Et ce qui la sortit de sa torpeur furent les petites vagues que produisit l’inconnu en entrant dans l’eau. Amna releva la tête. Elle était stupéfaite et demeura immobile, les yeux fixés sur le visage de l’intrus. Lui, avait l’air parfaitement ravi.
Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle esquissa un geste pour sortir de ce bain maudit quand… « Bien... Puis-je me permettre de vous demander qui vous êtes et ce que vous faites ici? Vous ne semblez pas accoutumée aux dangereuses conditions de Nendili et de son froid pourtant légendaire... »
Amna fronça les sourcils, mais ne put se retenir de rester pour répondre.
- Oh oui, c’est le moment idéal pour s’enquérir de mon identité !
Elle planta son regard d’émeraude dans les yeux de son interlocuteur. Ses trop longs cheveux noirs flottaient à la surface comme des algues, comme s’ils étaient vivants. Non vraiment, cet homme respirait le danger. Comment avait-elle pu être si naïve ? En plus il se riait d’elle.
- Je suis de passage. Et si je suis si « abîmée », c’est effectivement que les montagnes d’Anmar ne sont pas le lieu le plus chaleureux que j’aie traversé.
Elle soupira et glissa jusqu’à être totalement submergée par l’eau chaude. Sous l’eau, tout était plus calme, et elle n’avait pas à supporter l’expression satisfaite de ce « sans gêne ». En réalité, la nudité n’était pas un problème pour Amna, ce qui la mettait hors d’elle c’est qu’elle s’était laissée prendre au piège comme une débutante.
* Lâche lui ton prénom, tu lui dois bien ça non ? Rentre dans son jeu au lieu de faire exactement ce qu'il attend! *
Rejetant sa tête en arrière, elle refit surface et lui tendit sa main droite, et, le plus naturellement du monde :
- Je m’appelle Amnaraëlle. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi, mais quoi que vous attendiez en retour, je doute de pouvoir m’y soumettre.
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Mar 28 Déc - 17:04
Il ne répondit pas à sa première réplique, totalement hors de propos, elle ne proposait aucun véritable challenge rhétorique, un sourire narquois fit son apparition sur le visage du jeune homme, ses cheveux se promenèrent sur l'onde, la parcourant en totale impunité tout en la caressant comme pour adoucir la violente avancée, pendant un moment l'homme semblait concentré sur cette valse qui s'était formé, observant avec un plaisir certain la surface de l'eau agréablement brûlante, il se laissa aller, étendant ses bras sur les bords de la barrique, laissant sa tête se déverser en arrière au dehors de l'eau tant il appréciait cette chaleur, cela faisait bien trop longtemps qu'il n'avait savouré un tel plaisir, un soupir de contentement s'échappa de son être dans un sourire. Il chassa une mouche imaginaire dans un geste volontairement théâtrale, il s'attacha à continuer à déstabiliser cette jeune femme:
« Anmar... »
Il se réfugia, lui et ses troublants souvenirs derrière un sourire narquois. Anmar, sa terre, là d'où il venait et là où il finirait surement. Des nouvelles aussi troublantes que ses souvenirs l'avait ramené ici, à Nendili. Il devait avoir affaire à la garde de cette dernière, une fois encore, il ne pouvait dire s'il en sortirait vivant mais il devait absolument accomplir ce pourquoi il était ici. Il la fixa lentement tandis qu'elle déclinait son identité, serra sa main en y mettant peu de force, puis il consentit à répondre au bout d'un moment:
« Je n'ai que faire de vos remerciements, quand j'accomplis quelque chose ce n'est pas pour le plaisir d'être remercié. Et je ne réclame aucunement votre soumission, ce serait peine perdue, oh bien sur je pourrais vous obliger, rien de plus aisé, je n'aurais qu'à placer ma lame sous votre gorge mais j'exècre cette facilité. Quand je veux quelque chose je l'obtiens par moi-même. Il en sera de même pour vous. Si je vous veux en mon pouvoir, si je vous veux sexuellement, ou bien en un quelconque autre service, je me chargerais d'obtenir vos faveurs par mes propres moyens... »
Il sourit à la femme, puis reprit d'un ton naturel:
« Oh bien sur vous devez vous dire que je fais un bel idiot de vous dévoiler ainsi ma manière d'agir, ainsi que d'éventuels objectifs que j'aurais ourdis à votre encontre, mais est-ce vraiment de la stupidité? N'est-ce pas voulu? Et que pouvez-vous faire maintenant? S'entêter à me résister fait autant mon jeu que se livrer à moi... »
Il caressa la surface de l'eau, amenant à lui de petites vaguelettes, toute cette chaleur l'inspirait, il détourna son attention de la jeune femme pour se concentrer sur l'eau qui bougeait au rythme des mouvements des deux personnes, sa curiosité fût grande et il s'intéressa à ce mouvement qui pouvait pourtant paraître parfaitement anodin. Au bout d'un moment il prit de nouveau la parole à l'intention de Amnaraëlle, sans pour autant daigner lui jeter un regard:
« Vous n'êtes que de passage... Et vous vous dirigez où? Et avec quels objectifs? »
Il la regarda enfin, un étrange sourire dérangeant ses traits pourtant habituellement sereins.
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Mar 28 Déc - 21:31
Désormais, Amna avait repris un peu de poil de la bête et retrouvé sa force de caractère légendaire. Cet homme avait su la déstabiliser, certes, elle ne voyait pas tout à fait clair dans son jeu. Elle avait peut-être fait un pas de travers. Cela ne lui ressemblait absolument pas. Cela ne lui était pas arrivé depuis des lustres car, habituellement, dans un tel état de fatigue, elle prend la peine de s’isoler, et personne ne vient lui chercher querelle. Cette fois-ci, tout ne s’était pas passé comme à l’accoutumée.
Mais c’était terminé. Elle ne ferait plus un seul faux pas, elle ne le laisserait pas gagner. Parmi toutes ses mésaventures, ce mystérieux sauveur narquois n’était pas la plus difficile à surmonter, elle en avait l’intime conviction. Il était à l’aise et satisfait ? Très bien, il en serait de même de la jeune femme.
« Je n'ai que faire de vos remerciements, quand j'accomplis quelque chose ce n'est pas pour le plaisir d'être remercié. Et je ne réclame aucunement votre soumission, ce serait peine perdue, oh bien sur je pourrais vous obliger, rien de plus aisé, je n'aurais qu'à placer ma lame sous votre gorge mais j'exècre cette facilité. Quand je veux quelque chose je l'obtiens par moi-même. Il en sera de même pour vous. Si je vous veux en mon pouvoir, si je vous veux sexuellement, ou bien en un quelconque autre service, je me chargerais d'obtenir vos faveurs par mes propres moyens... »
Amna sourit. Cet inconnu voulait jouer pour gagner. C’était parfait. Elle aussi allait pouvoir s'amuser un peu. Elle reprit sa position initiale, assise confortablement dans l’eau bouillante dont seuls ses épaules joliment carrées et ses pointus genoux dépassaient, la tête en arrière, posée contre le bord, les yeux fermés, détendue.
« Oh bien sur vous devez vous dire que je fais un bel idiot de vous dévoiler ainsi ma manière d'agir, ainsi que d'éventuels objectifs que j'aurais ourdis à votre encontre, mais est-ce vraiment de la stupidité? N'est-ce pas voulu? Et que pouvez-vous faire maintenant? S'entêter à me résister fait autant mon jeu que se livrer à moi... »
Un nouveau sourire éclaira le visage d’Amna. Sans relever la tête, sans même ouvrir les yeux, elle répondit d’une voix distraite : - Vous, idiot ? Je n’y crois pas un instant. Ce que je crois, c’est que ce sera autant mon jeu que le votre…
* Mon chéri, tu n’es pas surpuissant, et je ne suis pas une victime. *
« Vous n'êtes que de passage... Et vous vous dirigez où? Et avec quels objectifs? »
Amna se redressa. Jolie volée de questions, elle n’avait de réponse pour aucune !
- Je vais où bon me semble… où mes précieuses jambes daignent me porter.
Elle leva ses longues jambes hors de l’eau quelques instants, comme pour contempler ce merveilleux cadeau de la nature, comme un cavalier fier de son si rapide étalon. - Et mes objectifs sont multiples et aussi changeants que les vents.
La réalité était bien moins simple. Mais elle ne dévoilerait pas ce qui la faisait avancer, ce pourquoi elle vivait, les fêlures et cicatrices qui l’avaient amenées ici et la pousseraient plus loin encore. Pourquoi se livrerait-elle entièrement à cet homme si sûr de lui qu’il en devenait insupportable ? C’était tellement plus drôle de rester évasive… - Mais vous, ignorez-vous la bienséance au point de ne jamais me révéler votre nom ? Quel est-il ?
Elle posa son regard inquisiteur sur le visage du concerné, espérant y voir un jour ce sourire narquois laisser place à autre chose, quelques chose de plus humble comme… la surprise ou même, un sourire sincère…
[HRP : Je sais, je suis insupportable à répondre si vite. Tout plutôt que de bosser la macroéconomie…]
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Mar 11 Jan - 5:24
« Just lost control, that's how you'll shine »
La bienséance... Combien il avait entendu ce mot dans sa courte existence... Et combien il l'avait haït... Cependant il se retint de sauter sur la gracieuse Amnaraëlle pour s'enrouler dans ses organes et répandre tout son précieux liquide rouge dans la pièce. Non pas qu'il avait peur des conséquences, quelques paysans et les autorités de Nendili ne lui faisait pas peur... Mais il n'arriverait à rien en la massacrant et cela l'empêchait de profiter et de jouer avec elle. En temps normal il n'aurait pas donné son nom à une roturière, elle ne méritait même pas l'insigne honneur de le connaître autant que de pouvoir le prononcer. Mais là il se devait de lui offrir ce présent, pour au moins deux raisons. La première étant qu'il avait besoin d'elle pour son plan, la seconde était qu'il y consentait. Ce sacrifice n'était pas vain, il avait même tout un sens qui prendrait de l'ampleur au fur et à mesure, tout rentrait dans un plan incroyablement pensé. Son regard s'attarda sur le corps qu'il ne décelait qu'à moitié dans l'eau bouillante, il put y apercevoir une cicatrice relativement béante mais loin d'être invisible. Un sourire s'attarda sur son visage lorsqu'il constata celle-ci, il pourrait s'en servir surement... Finalement il décida de décliner son identité:
« Eluan Mirien, du clan Mirien, entièrement assassinée un vendredi soir par mes soins. Enfin presque entièrement. »
Un sourire et un clin d'œil complice. Il ne pouvait s'empêcher de la déstabiliser, c'était un plaisir. Il s'affala et regarda la porte alors qu'un silence s'installait. En bruit de fond il y avait aussi le silence inhabituelle dans une auberge, ponctué par quelques bruits sourds. Il tendit l'oreille afin d'entendre mieux. Des bottes martelaient le sol dans un rythme trop synchronisé pour que cela soit naturel, son visage observa celui d'Amna et un étrange courant sembla passer de lui à elle, comme si il essayait de faire passer quelque chose, un message latent balloté par la réalité. Il soupira puis reprit pour la jeune femme:
« Je crois que l'on vient me remercier pour mon application de la Justice de tout à l'heure... »
Il essaya de se composer un visage un peu plus sérieux, déjà les hommes rentraient dans la pièce, tous armés d'armures, de boucliers et d'armes de toutes sortes allant de l'hallebarde à l'épée. Mais déjà il les jaugeaient tous, décelant faiblesses et forces. Dans un sourire, il prit la parole avec cynisme:
« Vous auriez pu toquer quand même, j'aurais pu être nu... Enfin bref je ne retiendrais pas ça contre vous... Vous souhaitez prendre place avec nous? »
Celui qui semblait être le lieutenant des gardes le foudroya du regard, il prit un temps pendant lequel les hommes encerclèrent la barrique, l'homme presque nu restait bien installé, à son aise dans le bain, jouissant de la chaleur presque aussi intense que le début, à dire vrai peu de temps s'était écoulé entre son arrivée et celle des gardes. Et tandis que l'individu se prélassait dans le bain, le lieutenant prit la parole:
« M. Mirien il vous est demandé de nous suivre sans faire d'histoires, vous êtes actuellement accusé de sévices sur un pauvre homme, de meurtres divers, de vols ainsi que de fuite. Si vous ne vous rendez pas il nous est permit de faire usage de la force voire de vous tuer afin de vous maitriser. »
Sans prendre la peine de les regarder il répliqua d'une voix marquée par une assurance sans bornes:
« Désolé ce n'est pas possible, enfin pas tout de suite... »
Il sourit, à Amna d'abord, puis aux gardes qui l'observaient sans parvenir à comprendre le sens de tout la phrase qui était sortit par les lèvres de l'homme, d'un geste vif la main d'Eluan, qui s'était resserré en poing, s'écrasa contre la face d'un soldat qui, surpris, s'effondra contre son officier. L'homme presque nu sortit du bain et se mit en position de combat tandis que les soldats se précipitaient à sa rencontre. D'extraction noble, le jeune homme avait forcément reçu une formation poussée dans la maitrise de plusieurs arts martiaux, un premier soldat arriva sur lui, il fût reçu par un coup de pied sur le côté qui l'envoya se cogner tête la première contre la barrique. Deux autres soldats furent reçut par deux coups de poings qui les firent s'effondrer par terre, vomissant leur tripes. Un dernier soldat fût reçu par une série de coup de poing dans le bas ventre qui le firent s'étaler comme un bébé contre le paravent. Le jeune homme se frotta les mains, un sourire au lèvres, il se rapprocha de Amna une fois dans le bain, approchant son visage a quelques centimètres à peine franchie en quelques secondes. Il bifurqua sur le côté gauche du visage de la jeune femme et lui susurra ces quelques mots:
« A présent je vais avoir besoin de vous... Je vais être condamné à l'exécution publique, tout ce que je vous demande c'est de vous tenir parmi la foule avec mon katana. Il se trouve dans ma chambre. »
Sa main s'arrêta autour du cou de la jeune femme tandis qu'il léchait l'oreille gauche de la jeune femme, il fut néanmoins interrompu par les gardes et sa tête fût mise sous l'eau pendant un bon moment. Amna pût sentir glisser une lourde chose qui heurtait parfois son corps, ce n'était autre que la clé de la chambre. Puis à peine rhabillé le prisonnier fût enlevé, lançant un dernier sourire entre la moquerie et supplication. A présent toutes les cartes étaient dans les mains de Amna. Elle seule allait décider de s'il allait vivre ou mourir.
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Sam 15 Jan - 22:42
« Eluan Mirien, du clan Mirien, entièrement assassinée un vendredi soir par mes soins. Enfin presque entièrement. »
*…*
Amna se doutait bien que cet homme n’était pas un enfant de cœur. Mais elle n’avait pas imaginé qu’il puisse avoir la force et le courage de tuer toute sa famille, et le déballer avec autant de dédain. N’avait-il donc aucun sentiment ? Il semblait vivre dans la seule et unique adoration de lui-même, comme s’il n’avait besoin de personne, comme si, les autres le dégoutaient, comme s’il ne devait de respect à aucune créature, morte ou vive. Il était ce que le monde avait produit de pire, sans doute.
Maintenant qu’elle était rentrée dans son jeu, il était impossible de faire machine arrière, du moins pas pour le moment. Et pourtant, elle ne pouvait rester à papoter sans conséquences avec ce tueur psychopathe.
Elle ne montra cependant rien de ce qu’elle pensait, se contentant de feindre l’indifférence. Et le silence s’installa. Un silence… lourd. L’atmosphère de la salle devint oppressante. Elle releva la tête et croisa le regard d’Eluan. Un regard insistant qui n’avait absolument plus rien de cynique ou de cruel. Cet homme en face d’elle, si sûr de lui et si imbuvable, avait-il… peur ? Elle allait ouvrir la bouche mais il répondit avant même qu’elle puisse dire un mot. « Je crois que l'on vient me remercier pour mon application de la Justice de tout à l'heure... »
Et effectivement, un homme en armure entra, puis deux, puis trois, et toute une petite troupe de gardes. Amna n’avait rien à craindre pour le moment. Elle ne cilla pas.
« M. Mirien il vous est demandé de nous suivre sans faire d'histoires, vous êtes actuellement accusé de sévices sur un pauvre homme, de meurtres divers, de vols ainsi que de fuite. Si vous ne vous rendez pas il nous est permit de faire usage de la force voire de vous tuer afin de vous maitriser. »
La jeune femme esquissa un sourire. Emmené au gibet en pagne… Eluan avait sans doute rêvé mort plus glorieuse. Ainsi paye-t-on une vie de cruauté et d’irrespect. La justice n’était peut-être pas si mal faite… Mais son sourire s’effaça. Jamais elle ne rirait de la mort d’un homme, quoiqu’immonde qu’il puisse être.
« Désolé ce n'est pas possible, enfin pas tout de suite... » Un garde s’écroula.
*Mais quel abruti, qu’aggrave-t-il son cas maintenant ?!*
Eluan s’était lancée dans un combat perdu d’avance, lui, quasi nu, contre une horde de gardes armés jusqu’aux dents. Il était certes assez impressionnant, mettant plusieurs hommes KO en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, mais qu’espérait-il ? Gagner du temps ? En tous les cas Amna ne l’aida pas.
A peine eut-il un instant de répit que le combattant fou regagna le bain et s’approcha d’elle, tout près, trop près. « A présent je vais avoir besoin de vous... Je vais être condamné à l'exécution publique, tout ce que je vous demande c'est de vous tenir parmi la foule avec mon katana. Il se trouve dans ma chambre. » Il lui lécha l’oreille avant que les gardes ne lui mettent la main dessus. Dernier élan de perversité tant qu’il pouvait en profiter, sans doute. Cela n’étonna pas Amna. Deux hommes plongèrent la tête d’Eluan sous l’eau pendant de longues secondes, et elle s’écarta avant de fusiller l’un des gardes du regard et de lui prendre le bras. Il semblait prendre un malin plaisir à venger ses petits camarades. - C’est suffisant non ?! Vous allez déjà le tuer demain, inutile de le torturer ! Le sourire du garde s’effaça aussi sec et tous quittèrent la pièce en un temps record, laissant Amna seule. Elle resta immobile pendant plusieurs minutes, les battements affolés de son cœur cognant à ses oreilles, avant de se laisser glisser sous l’eau pendant un long moment. Calme et sérénité.
Amna récupéra la clef au fond du bac et sortit de ce bain maudit. Enfin libre. Ou presque, mais elle avait un choix à faire. Fallait-il, oui ou non, qu’elle s’intéresse au sort de cet homme ? Elle n’aurait probablement rien fait s’il ne lui avait pas demandé, s’il n’avait pas sous-entendu qu’il avait un moyen de s’en sortir. Mais le fait était qu’Amna considérait que mettre à mort quelqu’un, quand bien même il s’agirait d'une pourriture, était contre nature, car il y avait toujours de l’espoir : la rédemption. Elle savait pourtant bien qu’après les crimes commis par Eluan, jamais elle ne pourrait convaincre les autorités de Nendili de le condamner à moisir en prison pendant de longues années, d’autant qu’elle était une parfaite inconnue ici, alors que faire ?
Tandis qu’elle réfléchissait, Amna s’était entièrement séchée et rhabillée. Elle descendit à la rencontre d’une serveuse qui lui indiqua la chambre du condamné à mort. Elle lui demanda de revenir la réveiller aux aurores, et entra. Eluan avait simplement entreposé ses affaires sur une chaise et ses vêtements sur le lit. En tous cas, la chambre étant payée, Amna n’irait pas ailleurs, d’autant qu’elle était sans doute une des meilleures de l’auberge. La jeune femme ferma à clef derrière elle, enfila une chemise propre et se glissa dans les draps frais et réconfortants d’un lit… deux places.
* Il ne doutait vraiment de rien…*
La nuit portant conseil, et Amna étant exténuée par son long et périlleux voyage, elle s’endormit en à peine quelques secondes. Un long sommeil réparateur. Il était encore très tôt. Elle attendait cela depuis si longtemps…
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Dim 23 Jan - 22:52
« Trying hard to speak And fighting with my weak hand Driven to distraction So part of the plan »
Il regardait par la petite ouverture des barreaux, sentir cet air frais le vivifiait... Encore, toujours plus, il attendait ce vent qui lui apportait le peu d'espoir et d'oxygène dont il avait besoin, il ressentait ce besoin pénétrer sa chair, la nourrir, créer ce qu'il était petit à petit et reprendre une autre partie de ce qu'il représentait, avec une certaine tristesse il pensait à tout ce qu'il avait accomplit jusque là et ne pouvait s'empêcher de désespérer sur sa misérable condition et sur ce qu'il était, sa vie n'avait jusqu'ici été qu'une succession de morts, de sang, de massacres et de tueries. Lorsqu'il avait le droit à quelques contact sociaux, il ne pouvait s'empêcher de gâcher tout en jouant au chat et à la souris. Il se dégoutait, se révulsait même, il n'était qu'un bouffon marqué par un ego surdimensionné, il préférait jouer au plus malin alors qu'il pouvait seulement être lui. Au fond de lui, il n'avait jamais oublié son rôle, celui qu'on lui avait créé à Anmar dans ses montagnes, jamais il n'avait cessé de jouer cette homme insensible qui avait été programmé ainsi. Mais qui était-il vraiment au fond? Il ne pouvait s'arroger une identité ainsi, car tellement de choses couraient en lui... Tellement d'actes irréfléchis... Tellement de conséquences sanglantes... Tout ces meurtres... Méritait-il la rédemption?
« Tu ne mérites même pas l'appellation d'être humain. »
Ses propres paroles eurent l'effet d'un coup de poing porté à son ventre. Et puis il se mit à réfléchir longuement à ce qu'il désirait car c'était finalement ce qui comptait le plus, la volonté de se créer un avenir, cette seule fibre qui fait de nous ce que l'on est, ce que l'on veut devenir. Eluan avait-il un rêve? Ou des projets? Non. Il n'était qu'un animal fou et sauvage lancé à toute vitesse derrière une balle dont il ne saurait que faire une fois attrapée. Eluan Mirien, Bretteur D'Anmar, Seigneur déchu du Castel des Monts et assassin de ses parents, n'avait aucun but dans la vie, emplie de futilités, elle était destinée à être chaotique, brumeuse et ponctuée de méfaits digne du pire scélérat. Le vent, loin d'être doux cette fois, était violent, frappant l'homme et lui arrachant quelques gouttes, perlant un moment le long du visage sans rides, presque sans imperfections, elles hésitèrent un long moment avant de courir à leur suicide, se jetant du haut du corps, elles hurlèrent toutes leurs détresses et leurs peur dans leur langage. Puis plus rien.
Sa tête frappa contre le mur de pierrailles, il observait le plafond, essayant de donner un sens artistiques à celles-ci, il porta la main sur le côté mais ne pût sentir que le vide, Firiniënwé était trop loin et cela le perturbait, depuis son absence certains de ses sentiments étaient exacerbées, paradoxalement ce n'étaient pas les mêmes que ceux qu'il avait quand le katana était à ses côtés. De plus il était vêtu de vieilles guenilles grisâtres puant la sueur, le sang et la Mort. Il n'avait même pas pu se revêtir de nouveau pour traverser la ville enneigée et le froid l'avait mordu et déchiré de part en part. De nouveau la question sur ce qu'il était et sur ce qu'il méritait refit surface. Cette question s'imposa à lui, il farfouilla dans les limbes de son esprit en quête d'une réponse, et tandis qu'il enfonçait sa tête entre les barreaux qui le séparait de cette amante qui lui était si chère, la liberté, il réfléchissait à tout ce qui l'avait amené ici. Le Nécromant, c'est cet homme qu'il était venu voir, il avait apprit que ce dernier s'était fait pincé ici même et qu'il devrait se faire exécuter dans les jours qui viennent. Le hasard voulut que l'arrestation du Mirien lui permit de se faire exécuter le même jour et au même endroit que le Nécromant. Qui était cet homme qui se cachait sous un tel titre? En réalité peu de personnes le savaient. Eluan, lui voulait une information bien spéciale...
Le jour est la bénédiction d'un être supérieur.
Sa mère lui disait toujours ça avant de se coucher.
Il tourna et se retourna plusieurs fois sur le banc en bois avant de tomber par terre.
« Pas cette fois maman... Pas cette fois... »
D'un pas lourd, régulier et assuré les gardes arrivaient devant la cellule du jeune homme, dans un grincement lent la porte de fer et d'acier s'ouvrit, cinq hommes entrèrent, armés jusqu'au dents, il plaquèrent le prisonnier contre le sol et ce dernier avait le goût de la terre dans la bouche entremêlés par les fragrances que dégageait le sang. Il le relevèrent, un calme, une plénitude certaine s'était installée, malgré tout, il se sentait peut-être soulagé, si jamais la femme ne viendrait pas, tout cela n'aurait plus d'importance en fin de compte. Ses cheveux semblaient comme abasourdit par l'hypothèse que tout allait s'arrêter là, au lieu de s'agiter dans cette vivacité qui leur était usuelle ils restaient droits, stagnants, comme fatigués par tout ce qu'il pourrait advenir. Lentement, le couloir se terminait aboutissant sur une lumière éblouissante, était-ce l'illumination? Ce qui conduit à la fin? De sa démarche trainante il se focalisait seulement sur les pas qu'il effectuait, ramenant un peu terre à chaque enjambées, il avait la tête baissée, ses yeux légèrement bridés étaient mi-clos, observant en partie le morne sol, il ferma les yeux à nouveau et trébucha contre une pierre. Il s'était effondré par terre à nouveau et les autres en profitèrent pour lui loger quelques coups de pieds dans les côtes. Un craquement. Il étouffa un gémissement de douleur. Ils le firent se relever, puis le firent continuer.
La sortie, enfin, la première chose qu'il pût retenir de cette sortie c'est qu'elle fût humide malgré le soleil éclatant, parce qu'il avait reçu un crachat en plein sur son visage, parmi le mince filet de chemin ponctué par des rempart d'hommes et de femmes en furie, parfois il se recevait des coups un peu partout, il subissait alors sans mot dire, il espérait juste apercevoir la jeune femme, mais aucune trace lors du chemin de souffrances qui le menait à l'échafaud.
Il grimpa les marches qui l'amenait à son destin, enfin... La fin de son destin. Avec un soupir il essayait de ne pas penser à tout ce qui allait se passer, le bourreau était là, contrairement à l'imagerie populaire ce n'était pas une grosse masse mais un homme plutôt fin avec un côté musculeux, dans sa main une épée bâtarde, intéressant, tout le monde savait donc ici qui il était. Un noble, c'est pour cela qu'il avait le droit a la décapitation par arme noble, plutôt que par pendaison. Dans quelques instants il allait avoir les yeux bandés, le temps qu'on lui lise les actes d'accusations, puis on poserait sa tête sur le billot et on finirait pas séparer son beau visage de son corps. Mais pas encore. L'énumération de ses crimes commençait, il choisit ce moment pour observer la foule, il espérait LA trouver...
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Lun 24 Jan - 23:04
Amna ouvrit les yeux et contempla le plafond de la chambre pendant de longues minutes, détaillant chaque imperfection, chaque nœud dans le bois d’une poutre, grâce au peu de lumière que les premiers rayons du soleil daignaient offrir. Elle était calme, reposée, sereine.
Toc toc toc.
Une jeune fille glissa la tête dans l’embrasure de la porte.
- Le soleil se lève, Mademoiselle. - Oui, merci. répondit la jeune femme d’une voix paisible.
Et elle se leva doucement. Elle n’avait plus aussi bien dormi depuis des mois. Un lit confortable, des draps propres, une ville calme, trop calme peut-être. A cette heure, seuls les condamnés à morts veillent encore. Elle enfila une paire de pantalons et y glissa sa chemise. A l’aide de sa dague, elle dut percer un nouveau trou dans sa ceinture de cuir, et la serra bien sur ce cran de maigreur supplémentaire. Un broc d’eau froide était à sa disposition pour rafraîchir son visage. Elle y mouilla également ses longs cheveux d’ébènes avant de les démêler laborieusement. Des jours entiers de blizzard y avaient accroché leur fureur. Puis elle les noua d’un lacet de cuir. Quelques mèches indisciplinées s'échappaient de ce carcan. Retrouver ce rituel du levé était un réel plaisir.
Calmement, elle s’approcha des effets d’Eluan et resta un long moment à contempler le si important katana. Qu’espérait-il ? Qu’Amna le lui remette et qu’il tue son bourreau avant de s’enfuir ? Il s’était sans doute bien trompé sur elle… La jeune femme prit délicatement la lame, et d’une main ferme, dégaina. Elle observa la lame finement ouvragée. Amnaraëlle n’avait probablement jamais vu une si belle arme. Du bout des doigts elle effleura son tranchant et instantanément, une goute de sang perla à son index. Et cela éclaira son esprit. Oui, elle savait précisément ce qu’elle avait à faire.
Elle fit apprêter le cheval d’Eluan et y chargea toutes ses affaires personnelles. On lui assura que tout serait prêt dans une heure, et que l’animal serait mis à l’abri, ainsi que tout ce qu’il transportait. A présent le soleil ne se cachait plus. Il éclairait la ville de Nendili avec une violence peu commune, se reflétant sur le blanc immaculé de la neige qui avait recouvert les pavés toute la nuit durant, en silence. De sa fenêtre ouverte, Amnaraëlle contempla ce spectacle féérique. Elle aimait cette ambiance feutrée, cet air pur et cette fra^heur vivifiante. Le soleil réchauffait doucement son visage transi. Elle respirait profondément, se délectant de ces quelques instants de paix comme on savoure la fragrance d'une rose. C’était une magnifique matinée. Mais la sérénité de la ville fut bientôt brisée par une agitation soudaine. Une masse de gens se dirigeait vers la place de grève. Ce jour là étaient prévues deux exécutions. Et pas n'importe lesquelles.
Amna quitta la chambre et suivit le flot vivant et grouillant qui envahissait les rues. Elle n’avait rien d’autre sur elle que ses vêtements (quand même), son manteau, et sa dague. Absolument rien. Elle vit bientôt se dessiner le gibet au loin et s’approcha. Un peu à l’écart, elle observait la foule qui s’agitait, chuchotait, gloussait. Les femmes surtout avaient l'œil torve et le sourire carnassier. Que d’excitation pour une mise à mort ! Lorsque le prisonnier sortit, une vague de haine s’empara de la marée humaine. Des hurlements fusaient des quatre coins de la place, des « assassin », des « pourriture », mais aussi une pluie de coups et de crachats.
Cela dégoûta Amna au plus profond de son être. Quel irrespect pour l’homme, quel irrespect pour son semblable ! Un cafard aurait été traité avec plus de dignité. Elle eut un haut le cœur lorsque le visage d’Eluan se tourna dans sa direction. Il semblait défait. Il avait abandonné. Il savait qu’elle ne serait pas venue, ou du moins pas avec son arme. Le pauvre homme, niant tout de sa condition d'être humain, se laissa pousser, battre et traîner jusqu’à l’estrade. Les bras noués dans le dos, face à la foule, il était déjà mort. On commença à lister ses méfaits, meurtres et crimes divers. Et la liste était longue. Amna refusait de l’entendre. Elle ne pouvait pas laisser faire cela. Elle ne pouvait pas en être responsable.
D’un pas décidé, elle se fraya un chemin dans la foule trépidant d’impatience.
- Arrêtez ! hurla-t-elle.
De nombreux regards se tournèrent vers elle tandis qu’elle revêtit son expression la plus cruelle. Elle monta sur l’estrade. Personne ne s’y attendait, personne ne la fit descendre. Après tout, elle n’était qu’une femme, elle ne pouvait rien contre les gardes présents. C’était vrai, elle ne ferait pas le poids s’il fallait combattre. Mais la belle avait entre chose en tête.
- Regardez cet homme ! Son âme est déjà morte et enterrée ! fit-elle avec dédain. Il se moque bien de la souffrance et du trépas ! La mort pour lui serait une délivrance… Ne lui accordez pas cette faveur. Après tous les crimes et toutes les atrocités qu’il a commis, la mort est bien trop douce !
La foule s’était tue, hésitante. Des yeux curieux s’étaient fixés sur la jeune femme, certains désapprobateurs, d’autres admiratifs. Ils se disaient sans doute qu’Amna était folle, elle ne respectait aucune règle, elle n’avait pas la douceur et la réserve des femmes du monde. Et elle continuait à haranguer la foule :
- Même la torture ne pourrait atteindre l’esprit et le cœur de glace de cet homme ! Seule une chose peut le faire souffrir autant qu’il le mérite…
Une voix s’éleva dans l’assistance :
- Une femme ?
- Exactement messire. Et cette femme, c’est moi. Cette abjecte pourriture s’est jouée de moi ! Et je saurai le lui faire payer…
Amna, méconnaissable, le visage déformé par la haine et la colère d’une femme blessée, dégaina sa dague dans un geste théâtral. Instantanément les gardes présents s’approchèrent, prêts à intervenir. En un instant elle était sur Eluan, effleurant de la pointe glaciale de sa lame son cou déjà grisâtre. Elle planta son regard d’émeraude dans les yeux du condamné. Et, l’espace d’une seconde, son expression changea.
Puis un homme armé l’arracha à son geste. Amnaraëlle fit volte face et, dans un mouvement vif, entailla sa propre main gauche et la présenta à l’assistance horrifiée. Les gens du premier rang, pourtant venus pour assister au sang et à la violence, reculèrent d’un pas.
- Si vous le condamnez à l’exil, je jure sur mon honneur que je serai pire que la mort pour cet homme, je serai son pire cauchemar, je serai la douleur lancinante dans sa poitrine, je serai la tortionnaire de son esprit ! Livrez-le-moi dès à présent et nous partirons dans l’heure. Jamais plus vous n’entendrez parler d’Eluan Mirien !
Silence. Ce silence dura d’interminables secondes durant lesquelles Amna n'entendait qu'une chose : son cœur battre à tout rompre. Le personnage qu'elle interprétait avec tant de ferveur la dégoutait à un tel point qu'elle était à deux doigts de vomir ou de perdre connaissance. Mais c'était toujours moins pire que d'assister à l'exécution de cet homme.
Et une voix masculine, puissante, rompit la stupeur générale :
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Sujet: Re: Contre vents et flocons [pv Eluan et Amna] [TERMINE] Mar 25 Jan - 21:26
L'exil, oui, à un moment il y crût lui aussi. Et puis non. La foule était assoiffée de sang. La sentence capitale retentit par écho dans toute la place et Amna ne pourra rien y faire. Son seul regret fût de ne pas revoir son katana. Une dernière fois. La tête sur le billot il attendit. Cela allait arriver. Amna fût alors poussée sur le côté. Deux gardes la maitrisèrent. L'épée s'éleva dans les airs. Puis retomba dans un craquement sourd. La tête... Eluan Mirien avait perdu de sa superbe à l'heure de sa mort. Mais il n'avait pas cédé une once de son honneur à tout ces paysans et ces va-nu-pieds. Une dernière pensée?
*Comment est-ce après?*
Puis plus rien. Amna fût relâchée. Et la tête roula sur le sol. C'était mieux ainsi.