La brise, en sa douce beauté soigne les blessures du temps... sauf qu'ici il n'y a pas de vent. Oh grand dieu non ! Et pourtant, il y en aurait bien fallut, ceci n'est pas une histoire que l'on aime à raconter, juste le genre de voyages sans raisons, inutiles, la route était longue vers la sagesse, celle de devenir un fort et dur trappeur, je le savais, un jour j'allais pouvoir retrouver les miens, me combattre à leur côté, mais les jours étaient aux vagabondages, à l'errance incertaine. Enfin, l'aventure, cela va encore... mais pourquoi fait-il si chaud ici ? Plaines désertique montraient du doigt sable après sable, j'étais seul, avec rien d'autre à faire que de fumer tristement ma pipe, grattant de temps à autre ma barbe mal rasé.
Une semaine que je marchais ainsi dans l'espoir de finir enfin de traverser le désert de Salëmeï, mais sachez jeunes gens... que l'enfer ne se laisse pas si facilement apprivoisé, il aime joué de vous, jusqu'à ce qu'après chaque labeur, vous finissiez enfin, par une triste et malencontreuse mort. Quel suicide m'avait en ces lieux ? J'étais persuader d'être désormais proche d'une ville, mais j'en était sûr depuis maintenant trop longtemps. Ces nuits glaciales, ces chaleurs insoutenables en pleine journée, seul la flasque de whisky me remontait de temps à autre, j'avais depuis bien longtemps troqué mon manteau habituel et mon torse d'armure pour les ranger au fond de ma sacoche, ainsi en kilt, avec une chemise blanche, j'avançais d'un pas lent vers l'enfer, un chapeau enfoncé sur le crâne, seul atout en ces lieux
Chaque pas enfoncé dans le doux sable me espérait un peu plus, mais en digne guerrier, je gardais la tête haute, et me disait que si je surmontais un tel parcours, plus aucun voyage après celui là ne pourrait me paraître dure. Ma vision se troublait au loin face à cette aire de feu. Une forme rocailleuse se dessinait alors, d’un pas décidé je m’en approchais. Quand enfin je l’atteignais, la sensation de la pierre véritablement cuite sous ma main manqua me brûler, puis lentement, je finis par pouvoir m’en approcher plus, jusqu’à mis asseoir, enfin. Cette halte n’était pas utile, elle m’était vitale, et une gorgée de whisky venait avec plaisir la souligner.
Après quelques minutes, l’esprit apaisé, allumant ma pipe, allongé, le dos appuyé contre la pierre, je restais ainsi à me faire cramer quelques instants, perdus dans mes pensées, je savais que si je restait trop longtemps ici, on ne pourrait récupérer de moi que mes empreintes dentaires, mais un grand et long élan de flemmardise m’empêchait de me lever, mes jambes devenaient si lourdes, que me soulever était impossible, comme si mon destin me retenait tranquillement sur la route, à l’attente d’un croisement vers une rencontre que je ne pouvais manquer.